12.02.2011
Bernard COQ, un homme libre...
Un dimanche pas comme les autres...
Dimanche 23 janvier 2011, une très belle journée ensoleillée s’annonce pour pratiquer l’ escalade. Bernard COQ a vérifier une dernière fois son matériel. Après avoir chaussé ses pataugas, pris des provisions, sac à dos et bouteille d’eau ; avec Jean Luc son pot de toujours, ils partent pour Claret. La voiture sur le parking ils se dirigent vers cette belle falaise plein sud qui surplombe les vignobles d’un vallon magique. Bernard pratique l’escalade seul depuis plus de 30 ans. Pour lui, c’est une escalade hallucinante et très dépaysante pour qui n’a jamais vu ce type de calcaire. Pourtant Bernard connaît ce rocher très fracturé, au point que l’on se demande s’il est vraiment solide. Toujours parfaitement à l’aise, pourtant il admet que la gestuelle est très troublante, avec des prises rarement orientées comme on le voudrait, des voies très continues souvent déversantes…
A l ’approche des 30 m, que se passe-t-il ? Bernard décroche… devant les regards d’épouvantes des grimpeurs de l’Ecole d’escalade « Bleu Vertige » à Montpellier.
Très vite, au sol Stéphane et Christelle, ses amis d'escalade, s’occupent de Bernard, qui donne les premiers soins, appelle les secours. Un hélicoptère le transporte d'urgence à l’hôpital de Montpellier.
15h50 Bernard COQ a quitté ses filles Cécile, Cathy et Rado, ses petits enfants Chloé, Maïlys, Mattéo. Sa famille : Jacqueline, nina, Phil, Laurence, Patrick, Titi, Bruno, Olivier, Sandrine, tati Colette, Dominique, Fred, et j’en oublie… Puis Vincent et Serge ses amis du cyclisme, ses voisins et ses amis d’escalade de Montpellier.
Ses cendres ont été déposées au Pic St-Loup en présence de tous ses amis. Puis Stéphane a planté un arbousier, pour ne pas oublier leur ami d'escalade.
Bernard venait de fêter ses 64 ans le 9 janvier dernier
Ce dimanche 23 janvier 2011 était le jour de la St-Barnard !
"C'est la brutalité de l'issue qui est difficile à vivre..."
La presse en a parlé : Midi Libre Édition du lundi 24 janvier 2011
Claret : Un homme se tue après une chute de 30 m
Un accident mortel d'escalade s'est produit hier en début d'après-midi sur la commune de Claret. La victime, un sexagénaire domicilié à Montpellier, a été retrouvée au pied du site d'escalade de la commune, après le lieu-dit des Embruscalles. Tout le matériel nécessaire à une ascension était en sa possession. D'après les témoignages recueillis par les gendarmes, l'homme, un escaladeur pourtant confirmé aurait dévissé de la paroi alors qu'il grimpait et fait une chute d'une trentaine de mètres. Il serait décédé très rapidement des suites de ses blessures. Les circonstances précises restaient cependant à établir hier soir. Les gendarmes s'attachaient notamment à savoir si la victime connaissait déjà le site qui lui a été fatal.
Un sexagénaire fait une chute de 30 mètres
Un Montpelliérain âgé de 64 ans est décédé hier en début d'après-midi dans un accident d'escalade à Claret, au nord de Montpellier. Selon les gendarmes de Saint-Mathieu-de-Tréviers, l'homme était expérimenté dans la pratique de l'escalade. Il aurait fait une chute accidentelle d'une trentaine de mètres, depuis une falaise. Les raisons de l'accident sont encore indéterminées pour les gendarmes. Une enquête a été ouverte. Le sexagénaire était accompagné d'un groupe d'une dizaine de personnes, habituées de ce site naturel d'escalade. Certains d'entre eux étaient également sur les falaises. Ils ne faisaient pas partie d'un club d'escalade. Selon les passionnés de la discipline, qui étaient plus d'une cinquantaine hier sur le site au moment de l'accident, ces falaises du parcours naturel de Claret sont très prisées dans le département et restent réservées aux excellents grimpeurs. Un site magnifique mais très exigeant.
Nicolas Guyonnet / 20 Minutes du 24 janvier 2011
Témoignages du forum de www.camtocamp.org
« Nous y étions ; ce fut terrifiant, je n'ai pas vue ,mais entendu, et j'ai du mal a m'en remettre . Une forte pensée a sa famille , et faite tous bien attention a vs , vraiment, qu'il repose en paix » alex
« Tous les grimpeurs qui ont vu ou entendu l'accident ont été pétrifiés. J'y étais, j'ai vu la fin de la chute et j'ai tout de suite compris que quelque chose de grave s'était passé. Mon Collègue s'est précipité sur le portable pour appeler les secours et notre aide s'arrête là. J'étais terrifié et je ne savais pas quoi faire pour me rendre utile. Il n'était plus question pour nous de regrimper. Nous n'avons rien échangé entre nous sur les quelques grimpeurs qui ont continué l'escalade. Ils étaient assez loin de l'accident, ils ne l'ont pas vécu et personnellement cela ne m'a pas trop choqué. Aucun grimpeur n'a eu, en mon sens, une attitude déplacée sur le site. J'ai bien sûr toutes mes pensées à la victime, à sa famille et à tous ces amis grimpeurs ». Michi
« Je peux facilement imaginer que ça doit te marquer. Pour avoir vécu quelque chose de similaire (je connaissais la victime), mon conseil : le rapprochement avec la famille, les amis, les proches.... ne pas perdre contact, en parler, extérioriser les sentiments de chacun. Et bien sur, se rappeler ce qui peut sembler des banalités ; qu'il a vécu sa passion, que ça aurait pu se finir par un accident de la route, ou un cancer, ou bien d'autres issues statistiquement plus probables.... C'est la brutalité de l'issue qui est difficile à vivre. Bon courage à tous ceux qui (proches ou moins proche) devront vivre avec cet événement ». TBA44
« Peut-être arrêter de grimper, aller voir si tu peux te rendre utile. ça peut être juste prendre le temps de parler ou d'écouter les gens qui ont assisté à l'accident ou vu le corps, qui sont certainement choqué et qui ont besoin d'évacuer tout ça d'une manière ou d'une autre ».
« …ça n'aurait changé rien, cependant ça reste choquant que les types aient continué à grimper... ...je ne pense pas d'être extrêmement sensible, une fois j'ai assisté à une chute au sol de 15 mètres, bien je n'avais pas envie de continuer à grimper (j'ai grimpé plus tard dans la journée, mais sur un autre site). Pareil pour les autres présents. Si deux témoins d'un accident mortel continuent à grimper, soit ils sont 100% insensibles à la chose, soit ils se forcent à faire comme s'ils étaient. Dans les deux cas, ça me semble bizarre et choquant : on n'est pas à la guerre, on n'est pas sensé voir un accident mortel chaque week-end... Aussi, ce n'est pas une "faute" de ces grimpeurs mais ça laisse imaginer (peut être à tort) une absence de solidarité et empathie vers l'autre, en général, et vers l'autre grimpeur, en particulier. Ce qui est désagréable, surtout quand on croit qu'il y aurait un minimum commun dénominateur de solidarité et empathie entre les grimpeurs d'une falaise... »
« …Pour régulièrement gérer de l'intérieur ce genre de situation, ne pas arrêter son activité est parfois "sain"...sûrement plus sain que s'arrêter et regarder, comme les badauds que nous sommes régulièrement dans l'obligation de refouler... Après, heureusement que les témoins proches font ce que toutes personnes dotés d'un minimum de décence, aider son voisin...Et puis attendre. Après, la phrase de Meisnner "Je ressentais angoisse, désespoir et douleur, donc j'étais en vie." de son livre la montagne nue résume beaucoup de chose. Malheureusement, être témoin passif est source de schizophrénie, arrêter, continuer, s'arrêter, 1 jour, 2 ... Bref, l'avis de ceux qui n'ont pas su (pu ??) arrêter leurs activités serait intéressant et mettrait d'ailleurs probablement fin à ce post. OU ce sont des A..b..t.., ou ils ce sont protégés pour ne pas être trop affectés. Condoléances aux proches ».
Merci à vous tous pour vos témoignages
18:40 Publié dans Famille, Nature/Environnement | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : cyclisme, escalade




Commentaires
Extrait de « La Lumiere du Microcosme » de Petar Petrović Njegoš.
Usta angel na zefirna krila,
Povede me u naprijed malo
Kod jednoga istočnika malop
« Tu ti sjedi i vode se napij
Sa bistroga toga istočnika :
Ona će ti upravo otkriti
Strašnu sudbu tvoga padenija ! »
To izreče i hitro poleće
U svijetle svoje legione,
Ka zvijezda s zapada k istoku.
Odlazak me moga hranitelja
U plačevnu tugu povrgao,
Ka siroče kad se oca liši
I ostane u svjetskom metežu
Na proizvol neobuzdne sudbe.
Po dugome mračnom tugovanju
Napijem se vode s istočnika :
Otkri meni nesretnju sudbinu,
Ka predmete što za sobom vidiš
U svijetlom licu ogledala.
L’ange s’éleva sur ses ailes de zéphyr
Et m’emmena plus avant
Vers une petite source :
« Assieds-toi prés de la fontaine
Et abreuve-toi de son eau limpide :
C’est elle qui te dévoilera
L’effrayante cause de ta chute ! »
L’ayant dit, il s’envola promptement,
Comme une étoile filant d’ouest en est,
Rejoindre ses brillantes légions.
Le départ de mon gardien me plongea
Dans une affliction désolante,
Tel un enfant qui, privé de pére,
Erre par les cohues du monde
Voué à l’arbitraire d’un sort effréné.
Après de sombres lamentations,
Je bus enfin l’eau de cette source :
Elle m’apprit aussitôt ma destinée,
Comme les objets qu’on voit derrière soi
Sont reflétés par un brillant miroir.
Extrait de « La Lumiere du Microcosme » de Petar Petrović Njegoš.
Écrit par : Kat | 15.02.2011
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